Pour une sélection socialement plus juste!

La polémique monte en péniche en ces temps de campagne électorale: le concours d’entrée a Sciences Po risque t il d’être supprimé? Que faut il en penser? Une telle question nécessite d’éviter les réactions épidermiques et crispations en tout genre pour prendre le temps d’une réflexion posée sur les enjeux complexes et sensibles qu’elle soulève.

Il nous semble indispensable aujourd’hui de revenir sur cette polémique et de vous rendre compte clairement de l’état des réflexions sur ce sujet, à la fois à l’UNEF et à la direction de Sciences Po.

L’administration nous a depuis quelques mois fait part de ses voeux de réformer les procédures de sélection à Sciences Po. Mais à l’heure actuelle, aucune décision, aucun projet clair n’a été décidé, et encore moins proposé officiellement aux différentes instances de l’IEP. Les rumeurs qui enflent sont basées sur de pures spéculations. D’ailleurs, l’administraion a adressé un démenti à la suite de la publication d’un article dans Le Parisien. Ce qui est sûr, c’est que- et l’UNEF s’en réjouit- l’administration présente une volonté claire de rendre plus juste socialement le recrutement a l’entrée de Sciences Po.

Réformons le concours pour lutter contre les discriminations sociales

La vision fondamentale qui nous guide est la suivante: nous souhaitons réduire au maximum le biais social qui s’effectue a l’entrée de l’IEP. Il n’est pas acceptable qu’à niveau égal au bac, un enfant issu d’une famille de cadres ait 2 fois plus de chances de réussir le concours qu’un enfant d’employés. Nous jugerons toute réforme proposée en fonction de ce principe. Des études sociologique et statistiques nombreuses ont été réalisees sur l’origine de ces biais sociaux: nous mobiliserons ces connaissances scientifiques pour déterminer si les réformes proposées augmentent ou diminuent l’effet de sélection sociale tout comme nous les utilisons aujourd’hui pour murir nos propositions dans les discussions en cours a ce sujet:

  • Mettre en place des centres d’examen en province, notamment dans nos campus delocalisés et dans les DOM TOM
  • Avancer le concours en juillet (afin de limiter le rôle des coûteuses prépas d’été)
  • Modifier les épreuves. Elles doivent être plus proches du programme du bac (la ‘prépa’ la plus égalitaire qu’on puisse mettre en place c’est malgré tout la terminale) et valoriser la réflexion personnelle et l’esprit critique plutot que la forme et le capital culturel. Nous pensons aussi qu’elles doivent être encadrées par des bibliographies, thèmes et lignes directrices precises communiqués à l’avance aux candidats.
  • La gratuité du concours pour tous, car il est anormal que l’administration dégage des bénéfices sur l’organisation de celui-ci!

A ceux qui agitent le fantôme d’une soi-disant baisse de niveau/dévalorisation du concours et du diplôme, nous répondrons d’une part que c’est avant tous le taux de sélection qui fait la difficulté d’un concours, et que d’autre part la qualité et la valeur de notre diplôme tiennent a l’excellence du contenu de notre formation, pas aux modalités de sélection. Les recruteurs le savent, eux qui considèrent les étudiants issus du recrutement ZEP comme des diplômés de Sciences Po comme les autres.

Et le développement d’autres formes d’admission? Ici encore, rien n’est décidé du côté de la direction. Nous restons en ce qui nous concerne ouverts aux différentes propositions. En effet, à l’heure actuelle, les étudiants recrutés sur dossier viennent globalement de milieux sociaux plus modestes et réussissent leurs études avec, en moyenne, un point de plus que les autres étudiants., une indication de plus que  la démocratisation sociale de l’IEP, loin d’amener cette fameuse « baisse de niveau » tant redoutée, ajoute en réalité à l’excellence de notre formation. Ce constat nous a amené à développer les propositions suivantes:

  • Inclure une nouvelle procédure d’admission tournée vers les profils atypiques aux qualités non purement scolaires (n’ayant pas obtenu la mention MTB par exemple tout en présentant des compétences particulièrement intéressantes) et/ou n’ayant pas les moyens de se payer une préparation à Sciences Po. Pour ces étudiants, nous imaginons une étape d’admissibilité basée sur la prise en compte des dossiers scolaires, suivie d’un oral de sélection.
  • Introduire une sélection en 2 étapes (admissibilité/ admission). Ainsi les effets du ratio candidat/admis seront minorés (réduction des biais sociaux). Par exemple, l’introduction d’un oral après le concours nous paraitra opportune sous certaines conditions (transparence des critères de sélection).

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