Politique des langues: do you speak Sciences Po English?

Ca devient une habitude. A chaque fin d’année, on reparle de l’enseignement des langues à l’IEP. Cette année ne déroge pas à la règle : la direction cherche à mettre en place une réforme de fond, dont l’élaboration dure depuis le début de l’année.

Le temps en présentiel (en cours avec le professeur) passera de 2h à 1h. Dans le même temps, le nombre d’étudiants pas groupe doit diminuer, autour d’une quinzaine par conf’. Le professeur devrait simplement faire du « coaching », rester en retrait de la discussion qu’il ne ferait que lancer, laissant plus de liberté aux étudiants. A la fin du cours, il donnerait une liste de points de grammaire – des prescriptions – à travailler à chacun. Charge à l’étudiant de travailler ces éléments sur les logiciels du laboratoire de langues. En contrepartie, le laboratoire de langues serait développé et le nombre d’heures de tutorat fortement augmenté. Enfin, le système des niveaux de langues (de 1 à 5) serait remplacé. L’obtention du diplôme serait conditionnée par la certification d’un niveau minimal en anglais, le niveau C1, un standard européen équivalent à un score de 100 au TOEFL ou 7 à l’IELTS (entre les niveaux 3 et 4 actuels).

Cette réforme est justifiée par une enquête interne montrant que seuls 25% des étudiants sont satisfaits de leurs cours de langue. Cependant, une autre raison avancée par certains serait la volonté de faire des économies en diminuant le nombre de professeurs.

Depuis le début de l’année, toute l’équipe de l’UNEF Sciences-Po s’est mobilisée sur ce sujet. L’année dernière, à cette même date de l’année, l’UNEF lançait un grand sondage sur l’enseignement des langues. Forte de cette démarche et du nombre de personnes ayant répondu à cette enquète (près de 1 000 étudiants), l’UNEF a obtenu des premières avancées :

– Le projet initial prévoyait la remise en cause complète des cours en présentiel. Aujourd’hui, cette éventualité est écartée.

– L’idée d’extension du laboratoire de langues était très hypothétique.

Par la suite, devant certaines garanties obtenues, les élus UNEF ont voté en faveur des principes de cette réforme.

Ce vote favorable nous a permis de pérenniser les engagements de la direction, à savoir la diminution des effectifs, l’extension du laboratoire de langues et la certification gratuite. Cependant, l’UNEF a toujours estimé que ces avancées n’étaient en l’état pas suffisantes. C’est pourquoi nous considérons qu’il  est nécessaire d’obtenir davantage de garanties dans les modalités d’application de cette réforme.

Il demeure en effet certaines inquiétudes : une partie importante de l’enseignement reposera sur les logiciels que l’on pourra utiliser, autrement dit, moins de présentiel pour plus de elearning. Le coaching se ferait au détriment des cours de civilisation ou de débats, et au profit du bachotage de la grammaire et de l’orthographe. Cette tendance serait renforcée par l’obligation de résultat, qui risque de privilégier le « bachotage » pour la certification, aux véritables progrès. Tout cela sans compter que cette réforme ne donne toujours pas accès à la LV2, ce qui augmenterait pourtant fortement la qualité du diplôme.

Nous ne devons pas nous contenter d’une réforme a minima, nous pouvons et devons aller plus loin :

Ensemble, exigeons des garanties:

  • Pour l’accès à la LV2 pour tous, avec cours et logiciel
  • Pour l’extension du temps en présentiel de 1h à 1h30
  • Pour des effectifs réduits de 8 à 10 personnes

Signez donc la pétition de l’UNEF !

Retrouvez ici le tract sur les langues !

Retrouvez aussi notre tract sur les questions pedagogiques (langues, Bachelor, nouvelle architecture des cours proposée par nos élus à la direction.

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