La réforme des prêts entre site, un vrai handicap pour les étudiants en campus délocalisés

Les sites en région se développant, les étudiants des premiers cycles délocalisés de Sciences Po voient chaque année certaines règles changer. En ce début d’année universitaire ils font face à un nouveau règlement qui laisse présager une régression dans la qualité de leurs conditions d’études. Il s’agit de la modification des conditions du prêt entre sites (PES), le système qui permet aux étudiants en région demander gratuitement des livres de la bibliothèque « mère » de Paris.

En effet, depuis la rentrée 2009, la direction de la bibliothèque a décidé, sans consulter les conseils de l’IEP, de limiter à cinq ouvrages et cinq articles par semestre le nombre de documents que les étudiants de ces cycles sont autorisés à demander. Cette mesure vise à réduire drastiquement le nombre de livres empruntés via le PES car il n’y avait jusqu’alors aucune limitation du nombre d’envois…

Les conditions du PES ont été modifiées de façon arbitraire, puisque l’on ne sait pas pour quelles raisons le nombre de livres a été limité à cinq. De plus, cette modification a été décidée sans le moindre débat et ne correspond pas du tout à la politique de l’établissement qui prône l’égalité entre tous les étudiants et l’amélioration de leurs conditions d’études.

L’argument avancé pour justifier cette mesure est bien sur d’ordre économique. Selon les études de la bibliothèque, dont on ne connait pas la façon de procéder pour arriver à un tel constat, une grande quantité d’ouvrages envoyés par Paris ne seraient pas utilisés par les étudiants et constitueraient donc un gaspillage. Il est cependant curieux d’observer qu’à l’heure où l’IEP augmente les frais d’inscription payés par les étudiants la bibliothèque prenne de pareilles mesures pour essayer d’économiser quelques centaines d’euros par semestre …

Selon la bibliothèque, le PES est victime de retards dans les envois et les demandes, d’erreurs d’étudiants qui demandent de mauvais livres ou encore d’envois de livres présents dans les bibliothèques des sites délocalisés ou des bibliothèques universitaires des villes dans lesquels ils sont implantés.

Il semble vérifié qu’une partie des ouvrages demandés par le PES ne sont pas utilisés et que le système n’est pas à l’abri des abus dans certains cas. Cependant, les modifications des conditions du PES heurtent le principe d’égalité entre les étudiants et remet en cause leur capacité à mener des recherches approfondies pour leurs travaux.

Les étudiants en cycles délocalisés, comme les étudiants parisiens, doivent réaliser une série de travaux sur un semestre qui compte, outre les exposés, fiches de lecture et autres dissertations des mémoires de recherche sur des thèmes très particuliers. La préparation correcte de tous ces travaux exige la consultation de livres très spécialisés et très récents. En effet, les cycles en régions travaillent sur des aires géographiques précises et en rapide évolution. Seule la bibliothèque de Paris a la possibilité d’acheter ce type de livres nécessaires aux étudiants.
Donc dans le nouveau système de PES, l’étudiant devra commencer à faire des calculs dès le début du semestre pour décider quels travaux il fera de manière sérieuse et documentée et lesquels il devra « sacrifier » faute d’informations pertinentes.

Les bibliothèques de certains premiers cycles ne dépensent pas tout leur budget à la fin de l’année civile et renvoient de l’argent à Paris. Certaines d’entre elles ont encore la place suffisante pour accueillir de nouveaux livres et dans ce cas, il serait logique d’investir dans des livres adaptés aux enseignements, en concertation étroite avec les professeurs. Mais dans le cas où les bibliothèques ne peuvent accueillir de nouveaux livres (premier cycle de Dijon par exemple), le système de PES est indispensable aux étudiants, tout comme dans les villes où la bibliothèque universitaire est inexistante (premier cycle de Menton) ou peu fournie.

Un débat ouvert entre la bibliothèque, les étudiants et les professeurs pourrait permettre de trouver des solutions pour améliorer le système sans pour autant nuire aux étudiants et à la qualité de leurs travaux.

Ainsi, l’UNEF demande un recul de la direction sur cette réforme. La mise à disposition pour les étudiants en campus délocalisés des ouvrages et périodiques de la bibliothèque sans limitation, comme cela se fait à Paris, est une condition indispensable pour permettre à tous de réaliser des travaux documentés et de qualité.

Pour limiter les abus et les erreurs qui causent du tort au système de PES, l’UNEF demande à ce que les résumés des ouvrages disponibles sur le site de la bibliothèque soient étoffés afin de limiter l’envoi de mauvais livres.

L’égalité entre tous les étudiants de Sciences Po et les conditions d’étude des étudiants en cycles délocalisés est une préoccupation majeure de l’UNEF à l’IEP. Ainsi, nous soutiendrons la mobilisation des étudiants en cycles délocalisés contre les nouvelles modalités du PES.

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