Frais d’inscription: un semblant de justice sociale

Si l’UNEF dénonce le principe de frais d’inscription dégressifs c’est que nous pensons que l’accès à l’éducation est un droit, et non un investissement personnel. C’est pourquoi nous revendiquons le principe de gratuité afin de garantir l’accès de tous à ce qui devrait être un bien public. Faire reposer le financement des études sur les étudiants et non sur la solidarité nationale nie le fait que l’enseignement supérieur soit bénéfique à l’ensemble de la société. Ses retours ne sont pas exclusivement privés et ce n’est pas directement à l’étudiant que devrait incomber la charge de le financer. Cela remet de plus en cause l’autonomie de l’étudiant, le montant des frais d’inscriptions, calculé en fonction du revenu des parents, accentue la dépendance de l’étudiant vis à vis de sa famille. Aujourd’hui encore nous nous mobilisons donc contre la nouvelle augmentation des frais

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Quatre ans à peine après le dernier « ajustement » des frais de scolarité, un an après la dernière augmentation, une évidence, dénoncée par l’UNEF depuis la première réforme, semble s’imposer à tous: ce modèle de financement, qui fait reposer une part croissante du coût des études sur les étudiants eux mêmes, n’est ni viable ni justifiable. Sous couvert de justice sociale, la direction a ainsi décidé en 2009 d’augmenter une fois de plus le montant des frais d’inscription, jusqu’à +120% (rien que ça!). Retour sur une fuite en avant perpétuelle et sur nos propositions pour améliorer le système !

Depuis la 1ere grande réforme des frais d’inscription en 2003, l’UNEF dénonce le principe des frais d’inscription dégressifs pour de multiples raisons. Fondamentalement, nous pensons que l’accès à l’éducation est un droit, et non un investissement personnel. Faire reposer le financement des études sur les étudiants et non sur la solidarité nationale nie le fait que l’enseignement supérieur soit bénéfique à toute la société. Ses retours ne sont pas exclusivement privés et ce n’est donc pas directement à l’étudiant que devrait incomber la charge de le financer. En outre, cela remet en cause l’autonomie de l’étudiant : le montant des frais d’inscription, calculé en fonction du revenu des parents, accentue la dépendance de l’étudiant vis à vis de sa famille. Les situations d’indépendance fiscale ne sont quasi jamais reconnues par l’établissement.

Mais le problème du système de frais d’inscriptions de Sciences Po est bien plus vicieux: il implique la perpétuation d’une structure sociale où dominent largement les classes les plus favorisées. Le maintien d’une telle structure va à l’encontre de la volonté affichée de démocratisation de l’établissement. La part des frais d’inscription est toujours plus importante dans le budget de Sciences Po, et le montant des recettes liées aux frais dépend de la structure sociale des étudiants présents à l’IEP. Se cette structure évoluait dans le sens d’une démocratisation, en diminuant l’hégémonie des classes favorisées, le budget de l’IEP serait mis en danger. Que se passerait-il si demain le montant des bourses versées par Sciences Po dépassait les recettes issues des frais d’inscription?

Ainsi le système dégressif est ou bien un frein à la démocratisation réelle de Sciences Po, ou bien un danger pour la stabilité budgétaire de l’IEP. Dans ce cas la solution la consiste à faire payer toujours plus les étudiants, solution apparemment retenue par la direction, au vu des 3 augmentations successives de frais d’inscription qui ont eu lieu ces 6 dernières années. Les étudiants assuraient directement 4% du financement de Sciences Po en 2004, 22% en 2009. Cela pousse et légitime le désengagement financier de l’Etat, qui investit cette année 221 Euros de moins par étudiant soit un total de plus de 2 000 000 Euros de pertes pour Sciences Po. Vous avez bien dit fuite en avant…?!

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