Les 9 et 10 février je vote UNEF pour un système de frais d’inscription plus juste !

Parce que l’instauration d’une véritable justice sociale à l’IEP est l’une des ses priorités, l’UNEF Sciences Po a mis la problématique des frais d’inscription au coeur de son projet !

En février 2009, soit au début du mandat des actuels élus étudiants, fut votée une augmentation révoltante des frais d’inscription à Sciences Po. Les augmentant d’en moyenne + 60%, allant jusqu’à + 120% pour les étudiants hors-UE, elle fut votée par tous les élus étudiants à l’exception des élus UNEF. La mobilisation qui a accompagné cette réforme nous a permis de négocier en position de force et d’obtenir notamment le gel des trois premières tranches de frais d’inscription et la limitation du montant pour les étudiants hors-UE à « seulement » 12 000€ en Master. Cette mobilisation a également montré que l’UNEF agissait en conformité avec ses principes, alors même que nous avions dénoncé cette hausse scandaleuse dès son annonce.

En effet, cette augmentation introduit une discrimination financière sans-précédent : tous les étudiants hors-Union Européenne sont exclus du barème soi-disant « redistributif » de frais de scolarité et payent d’office le montant maximum, à savoir 12 500€ en master à la rentrée prochaine. Même les boursiers n’en sont pas exonérés ! Cette augmentation vient également différencier les frais d’inscription entre les différents cycles, ce qui accentue les mesures déjà en place de sélection à l’entrée du master. Enfin, cette augmentation ne prend toujours pas en compte la situation des étudiants indépendants de leurs parents qui continueront à payer des frais de scolarité en fonction du revenu… de leurs parents.

Plus grave encore, cette réforme va à l’encontre de la démocratisation de l’IEP en poussant ce dernier à recruter son « quota » d’étudiants de familles aisées pour pérenniser son financement. Si la structure sociale de Sciences Po, dans laquelle 25% d’étudiants appartiennent aux 2,5% des foyers les plus riches, venait à se démocratiser, l’on mettrait en péril le financement de l’IEP ! Deux solutions s’offriraient alors : ou cantonner cette ouverture sociale à l’affichage d’une « diversité », ou faire payer toujours plus les étudiants étrangers, de master et indépendants… mais où est donc passée la « justice sociale » ?

Cette dernière est en effet la grande oubliée du système. Avec les effets de seuil, quelques euros de revenu annuel de plus suffisent à faire payer quelques milliers de frais d’inscription supplémentaires. La progressivité n’est pas respectée puisque les tranches les plus élevées sont bien moins taxées (moins de 3%) que leurs homologues moins fortunés (jusqu’à plus de 8% du revenu annuel du foyer en milieu de courbe). Pour supprimer ces effets vicieux, nous portons depuis l’année dernière la revendication de la linéarisation par le bas des frais d’inscription, en construisant une courbe continue, lissée et réellement progressive sur le modèle de l’impôt sur le revenu.

Pour un système plus juste, l’UNEF propose :

– La linéarisation par le bas des frais d’inscription, pour ne léser aucun étudiant dans la réforme des frais de scolarité.

– L’alignement des frais des étudiants hors-UE sur les étudiants européens, ainsi que l’exonération des frais d’inscription pour tous les boursiers.

– La prise en compte des situations d’indépendance financière

– L’alignement des frais de master sur ceux de premier cycle.

– La constitution d’un Fond d’aide sociale d’urgence à Sciences Po.

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