Valérie Pécresse, meilleure candidate que Ministre ?

Aujourd’hui a lieu le premier tour des élections régionales. L’UNEF vous invite bien évidemment à aller voter, pour faire vivre la démocratie à tous les niveaux. Valérie Pécresse, tête de liste en Ile de France se trouve en cette période sous les feux de la rampe. Nous voulions en profiter pour faire un point sur son bilan, catastrophique pour les étudiants…

Le tract en ligne ici.

Le discours, nous le connaissons déjà tous, la candidate UMP pour les Elections régionales en Ile-de-France, va nous proposer un programme « ambitieux » qui va « changer le monde » et répondre aux véritables attentes des franciliens. Rien d’original. Les mots étaient les mêmes concernant le projet de la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche lors de sa nomination en 2007 : Le gouvernement allait offrir aux étudiants un système universitaire « d’excellence », performant, et l’investissement de l’Etat dans l’enseignement supérieur serait une priorité budgétaire. A grands renforts de communication, d’ailleurs, depuis la rentrée 2009, Valérie Pécresse essaie de nous faire croire que tout va bien à l’Université. Aujourd’hui encore, la ministre-candidate va pro-bablement louer son action (pôles d’excellence,grand emprunt…). Mais aux discours, l’UNEF peut opposer les faits et la réalité de la vie étudiante : baisse constante du pouvoir d’achat, échec inquiétant en première année, creusement des inégalités entre les étudiants et les universités etc. A ce jour, aucune mesure n’est venue montrer un engagement réel de la ministre pour un service public qui garantisse des conditions d’étude optimales pour les étudiants. Bien au contraire, la politique du gouvernement remet en cause la démocratisation de l’enseignement supérieur. Promesses non-tenues, mensonges, projet universitaire qui établit une compétition injuste et inefficace…l’action de Valérie Pécresse jusqu’à ce jour constitue une menace pour l’avenir des étudiants. Veut-on aujourd’hui voir cette même politique diriger l’Ile-de France ? Pour l’UNEF, la réponse est claire.

Le 10eme mois de bourse : une belle promesse…et surtout un engagement non-tenu.

A la rentrée 2009, l’enquête de l’UNEF sur l’évolution des dépenses du « panier de l’étudiant » révèle une hausse du coût de la vie des étudiants de 3,2 % en moyenne alors que les aides sociales ne progressent que de 1,6%. L’UNEF fait observer en parallèle qu’alors que 75% des étudiants effectuent désormais leur rentrée avant le 15 Septembre, ils n’ont droit à aucune bourse en Septembre et ne bénéficient pas de l’aide au logement. Après 5 ans de bataille et de pétitions, en Septembre 2009, l’UNEF fait enfin reconnaître cette injustice au gouvernement. Nicolas Sarkozy annonçait alors la mise en œuvre d’un 10e mois de bourse pour la rentrée prochaine. Heureuse nouvelle pour les étudiants…si seulement les faits avaient suivi les promesses ! Les 155 millions d’euros nécessaires au financement de cette mesure n’ont toujours pas été débloqués. L’Etat tente en plus de diminuer
son coût en limitant son versement à quelques filières ! L’UNEF se bat alorscontre ce 10ème mois au rabais qui viendrait renforcer les inégalités déjà criantes entre les étudiants. A l’heure des régionales, veut-on d’une candidate, qui comme l’a fait la ministre, promet sans tenir ses engagements par la suite ?

L’accès au logement, une priorité en Ile-de-France ?

Un effet d’annonce surtout puisque la ministre-candidate est doublement responsable des difficultés des étudiants à se loger décemment. Alors qu’à l’heure actuelle seulement 3% des étudiants peuvent bénéficier d’un logement CROUS, les objectifs fixés par le plan Anciaux en terme de construction et de réhabilitation de logements sociaux étudiants, ne sont toujours pas tenus. Il manque aujourd’hui 17 000 constructions et 11 000 réhabilitations pour atteindre les objectifs annoncés. Pire encore, en organisant la destruction de la cité U d’Antony, la ministre diminue l’offre de logement sociale pour les étudiants en Ile de France. De plus, elle encourage la spéculation immobilière en ne prenant aucune mesure pour améliorer l’accès au logement privé (refus réquisition des logements vides, refus de limitation par la loi des loyers..). Ainsi, les étudiants sont privés d’un droit à un logement décent et indépendant.

La réforme des points de charge, une réforme injuste et choquante.

A peine nommée ministre, Mme Pécresse s’attaque aux bourses et réforme le système de points charge. Sous prétexte d’une simplification du système, elle supprime les critères d’éloignement, parent isolé et situation de handicap, pour renforcer les points familles nombreuses. Cette manœuvre renforce ainsi la dépendance familiale à défaut de l’autonomie des étudiants, tous les critères personnels ayant été supprimés. Or, on le sait, les familles ayant plusieurs enfants dans l’enseignement supérieur ne sont pas les plus défavorisées, contrairement aux familles monoparentales qui sont les plus fréquentes à se trouver sous le seuil de pauvreté. Enfin, il est parfaitement injuste et choquant de ne plus prendre en compte les situations de handicap ou d’étudiants avec des enfants à charge. Cette réforme a pour conséquence la perte pour 20 000 étudiants de 172€ à 1445€ d’aide sociale, soit une économie de 11 millions d’euros pour le gouvernement ! La priorité de la ministre n’est donc clairement pas l’urgence sociale et les conditions de vie des étudiants !


Un projet : la mise en concurrence, une méthode : la casse du Service Public d’Enseignement Supérieur

Depuis l’instauration de la LRU, Valérie Pécresse fait tout pour atteindre son objectif d’une université privée et sélective, une université qui serait plus « rentable » et plus « compétitive » au lieu d’être démocratisée, publique, accessible à tous, au service de la formation des étudiants et du progrès des connaissances. Pour atteindre cet objectif, une méthode : la casse du service public et la mise en concurrence des universités. Au lieu de financer les universités selon leurs besoins, Pécresse fait le choix du financement à la performance. Ainsi les universités ayant un meilleur taux de réussite aux examens ou un meilleur taux d’insertion professionnelle seront mieux financées que celles qui sont déjà en difficulté. De plus, avec la mise en place du plan du campus et des PRES, Pécresse détourne le financement public pour le concentrer sur les universités les plus prestigieuses et déjà bien dotées comme Paris Sorbonne ou Assas. Le financement par projet a ainsi pris la place du financement pour la rénovation des bâtiments. Les grandes universités seront renforcées, tandis que les petites universités de proximité seront mises en difficulté, voire poussées à disparaître. L’égalité entre les étudiants est enfin loin d’être assurée par les politiques actuelles. Les droits varient selon les facs, et face au manque d’encadrement qu’elles peuvent rencontrer, la seule réponse de Valérie Pécresse est de supprimer 900 postes d’enseignants et personnels. Par ailleurs, nous attendons toujours le cadrage national des diplômes promis en 2007, cadrage qui lui pourtant rétablirait un semblant d’égalité entre les étudiants ! Ainsi le projet porté par la ministre de l’Enseignement supérieur nous semble dangereux pour l’université et l’avenir de notre jeunesse. L’UNEF appelle les jeunes à ne pas croire les promesses électorales de la candidate aux régionales, mais plutôt à la juger sur ces actes en tant que ministre.

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