Création de l’Ecole des Affaires Internationales : sélection et incohérences.

Hier la Commission Paritaire a donné un avis favorable à la création de l’école des Affaires Internationales (voté à l’unanimité), dont l’accès sera conditionné par la maîtrise de l’anglais à un niveau C1 (8 voix pour, 2 abstentions, 5 voix de l’UNEF contre), avec possibilité de dérogation pour ceux ayant un bon niveau dans une autre langue. Si l’UNEF est favorable à la création de cette école, elle a bien évidement refusé le critère de sélection.

Les professeurs ont eux aussi exprimé de vraies réticences au projet de sélection. Ils ont demandé d’une part des dérogations à la règle et d’autre part un la mise en place de cours d’anglais durant l’été pour ceux en ayant besoin pour ce master spécifique. Cette position révèle l’absurdité de la mesure : les étudiants doivent en effet bénéficier d’un enseignement de langues de qualité dès la 1ère année, et le besoin affiché de dérogation montre bien que la règle n’est pas pertinente. A quoi bon édicter une règle si les désaccords sont si grands qu’il faut déjà mettre en place des manières de la contourner ?

La position de la direction est à peu de chose près la même : édicter une règle pour ne pas la suivre. Il est tout de même notable qu’elle refuse d’assumer clairement le nom de « sélection », et préfère appeler cette barrière de la langue un « pré-requis ». La direction a également évoqué la possibilité d’admission conditionnelle, par opposition à un refus rédhibitoire, ce qui montre tout de même un certain recul par rapport à la position initiale de la direction, qui maintien un artifice de sélection pour garder la face.

En maintenant le principe d’une sélection par la langue, la direction exprime un triple mépris :

  • Mépris pour la réforme de l’anglais sur laquelle nous travaillons depuis 1 an et qui devrait améliorée une fois les résultats du sondage sur les langues analysé
  • Mépris pour les profs qui ne seraient pas en mesure de faire atteindre le niveau aux étudiants
  • Mépris pour les étudiants qui ne seraient ni capables d’atteindre le niveau sans moyen de pression, ni capables de faire leur choix de vie et d’être autonomes

Pour InterZaide, un bon enseignement d’anglais dès le premier cycle rendrait inutile la sélection par la langue, et leur élu s’est donc abstenu sur ce point. Le Mét en revanche soutient clairement le principe de la sélection, et a donc approuvé la motion précisant les conditions de cette sélection. Etonnant pour une organisation qui affirmait durant la campagne électorale être opposée à la sélection… encore un mensonge électoraliste ?

Malgré les réticences de l’ensemble des élus, sauf de ceux du Mét, seule l’UNEF s’est opposé à la sélection par la langue. Nous continuerons de défendre l’accès libre pour tous au master de son choix, sans condition, mais avec une bonne information en amont et un travail en profondeur sur l’enseignement de l’anglais.

RDV le 14 juin au Conseil de Direction pour le vote final !

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