Transparence et démocratisation : des exigences syndicales pour le futur de l’IEP

La succession de Richard Descoings à la tête de Sciences Po continue à faire couler beaucoup d’encre, notamment à cause de l’opacité de la procédure de décision. L’UNEF souhaite faire entendre ses exigences tant dans le processus de désignation que dans les priorités à prendre en compte dans le projet qui orientera le développement de l’IEP dans les années à venir.

Une procédure de désignation peu transparente

Deux comités ont déjà été mis en place afin d’aider à la désignation de la personne qui cumulera très probablement, comme par le passé, les fonctions d’administrateur de la Fondation Nationale des Sciences Politiques (FNSP) et de directeur de l’IEP. L’UNEF aurait souhaité que ces deux comités soient chargés de soumettre au vote souverain des conseils dont ils émanent (CD de l’IEP puis CA de la FNSP) une sélection restreinte de candidatures qu’ils auront retenues. Il nous a malheureusement été affirmé que cette instruction ne servirait pas une décision des conseils, mais celle de JC. Casanova, président de la FNSP, qui lui-même soumettrait une unique candidature à la validation – ou non – du Conseil de Direction, puis au Président de la République.

Ces comités n’auront donc qu’un rôle d’instruction des candidatures, que nous souhaitons au moins exercer pleinement. Ainsi les membres des comités doivent pouvoir examiner chaque candidature, auditionner les syndicats de salariés, malheureusement absents de ces comités, et auditionner les candidats. Si l’UNEF se félicite de la promesse de communication au Conseil de Direction de toutes les candidatures, nous pensons néanmoins que l’ampleur de l’enjeu de cette désignation nécessite une procédure exemplaire, associant publiquement l’ensemble de la communauté de Sciences Po.

Démocratie et ouverture sociale et pédagogique doivent être réaffirmées

Quatre exigences principales seront portées par l’UNEF auprès des candidats, afin de faire entendre la voix des étudiants.

La première est la démocratie à l’IEP. L’opacité de cette procédure et le fait que le nom du futur directeur soit décidé par une seule personne, et non pas au sein des conseils, nous semble symptomatique d’un déficit récurrent de démocratie, que nous souhaitons voir rapidement comblé par une juste représentation de toutes les parties prenantes de l’IEP dans un dialogue social renforcé.

L’ouverture de l’IEP est également une ligne directrice que nous souhaitons poursuivre -avec entre autres la massification, la lutte contre les biais sociaux et l’internationalisation de l’IEP. Cette ouverture est malheureusement remise en cause par des frais d’inscription dégressifs, faisant reposer le budget de l’IEP sur la conservation d’une structure sociale dans laquelle les catégories sociales les plus élevées sont sur-représentées. Nous attendons des mesures fortes de la part du ou de la future directrice sur ces sujets de l’ouverture et des frais d’inscription.

La qualité de la pédagogie et de la recherche est enfin déterminante. Il convient de trouver un équilibre entre un adéquationnisme direct et court-termiste aux besoins du marché du travail, et une absence totale de professionnalisation des cursus. La recherche doit en ce sens continuer à irriguer les formations et la réflexion au sein de l’IEP, et nous devons donner aux doctorants et aux chercheurs les moyens nécessaires à leurs travaux.

Faire entendre ces exigences nous parait fondamental, non seulement en cette période déterminante, mais aussi pour demain. Sciences Po doit s’engager dans la voie de cette modernité qui devrait pourtant sembler évidente au sein d’un Institut d’études politiques : la démocratie.

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