La précarité étudiante, une réalité à combattre !

Voter aux élections du 21 novembre, c’est faire valoir ce que nous valons face au peu que l’on nous donne.

Dans une France ou presque la moitié des étudiants sont obligés de se salarier pour subsister, et où tous subissent de plein fouet les conséquences des mesures d’austérité et des crises économiques, les élections au CROUS sont l’occasion de souligner encore une fois la dégradation des conditions de vie des étudiantes et la hausse de la précarité.

L’inflation des tarifs du gaz, de l’électricité, des transports en commun, des biens alimentaires, grèvent les budgets des étudiants, dépendants pour l’immense majorité de leur famille pour vivre. Les loyers prohibitifs dans des villes comme Paris, parmi les plus chères au monde, exilent les étudiants loin de leurs lieux d’études, et/ou les obligent à louer des logements exigus. Les budgets explosent alors que les bourses et aides versées plafonnent à un maximum de 493 euros, largement insuffisants pour espérer vivre décemment.

De plus, ces bourses ne sont accordées qu’à 20% des étudiants, alors que tous ont aujourd’hui besoin d’une amélioration de leurs conditions de vie, d’un budget en accord avec la réalité des prix. Les cités universitaires surchargées ne peuvent répondre à la demande légitime de prise en charge du logement pour une majorité d’étudiants qui a plus que jamais besoin d’aides au logement pour faire face à la hausse des loyers et à la dégradation des conditions de logement.

Aujourd’hui les étudiants investissent la majeure partie de leurs ressources dans leur hébergement. Droit fondamental, le droit au logement est remis en cause par les prix exorbitants mais aussi par le mépris affiché vis à vis des étudiants : souvent relégués dans des chambres de bonnes, ou des studios petits et insalubres.

Le cout élevé engendré par les études augmente le recours des étudiants aux emprunts, solution préférée par l’Etat et légitimée par la création d’un emprunt garanti. Cet endettement précoce nous permet de constater de la fragilité financière des étudiants aujourd’hui. Entreprendre et continuer des études est une décision de plus en plus difficile, impliquant de pesants sacrifices financiers, et défavorisant assurément l’accès aux études supérieures.

Le salariat étudiant en constante progression, est la plus forte marque de cette précarité croissante.

Cette salarisation est d’autant plus choquante qu’elle ne permet même pas aux étudiants contraints au salariat de gagner suffisamment pour se loger, pour se nourrir.

Les conditions de vie sont décisives dans la réussite des études, et, alors que plus de la moitié des étudiants qui se salarient pour payer leurs études sont en situation d’échec, nous ne pouvons tolérer, en tant qu’étudiants et citoyens, que cette mise en échec perdure, quand des solutions existent.

Ces solutions, ce sont la mise en place d’une allocation d’autonomie universelle, qui n’exclurait aucun étudiant de ses critères. Elle serait suffisante, en accord au cout réel engendré par les études. Elle serait calculée sur notre situation personnelle, et non plus sur le revenu des parents, ce dernier faussant les moyens objectifs dont dépend l’étudiant pour vivre.

Voter UNEF, c’est refuser la précarité qui touche tous les étudiants, des boursiers à ceux qui n’ont injustement pas pu y l’être. Parce que l’éducation doit rester un service public et investissement collectif, en ce qu’elle permet de favoriser la démocratie et de fonder une société meilleure car instruite, elle doit permettre à tous d’y avoir accès dans des conditions favorables. C’est aussi un investissement que sous estiment grandement les politiques publiques, alors que les rapports de l’OCDE démontrent que les études favorisent la productivité et l’activité économique. Donner aux étudiants les moyens de leur réussite, c’est ainsi faire réussir la société et son activité.

L’UNEF portera au CROUS, aux négociations à venir, la primordialité de la lutte contre notre précarisation, toujours plus présente et encore plus forte chaque année.

Les études sont un droit, les conditions de leur réussite en sont un aussi !

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