Sciences Po cherche toujours démocratie, impatiemment

                                           Communiqué de presse                                                             Jeudi 22 novembre 2012

UN COUP DE PIED DANS LA FOURMILIERE

Le rapport tant attendu de la Cour des comptes sur la gestion de Sciences Po fait entre autres état d’une « gestion défaillante » qui a justifié la saisine la Cour de discipline budgétaire et financière à l’encontre de plusieurs directions de l’IEP.

La ministre a immédiatement pris acte de ces conclusions et a pris la décision de nommer un nouvel administrateur provisoire qui orchestrera la désignation du successeur de R. Descoings. L’incertitude reste entière quant à l’avenir de l’établissement, ses orientations, et la remise à plat de ses statuts demandée par les étudiants et les salariés.

Jean-­‐Claude Casanova et Michel Pébereau, présidents du CA de la FNSP et du CD de l’IEP, doivent prendre leurs responsabilités et remettre leurs démissions, comme ils s’y étaient engagés le 18 juin dernier si le nom de Hervé Crès n’était pas retenu. En effet, la première procédure de désignation du successeur de Richard Descoings, opaque et verrouillée, a été un échec. Les deux présidents doivent donc en prendre acte afin que le prochain directeur de l’IEP puisse être désigné au cours d’une procédure légitime. De par leurs responsabilités, ils sont pleinement responsables de la situation actuelle, et leur maintien en fonction n’est pas envisageable.

LA NOUVELLE PROCEDURE DOIT ETRE ENGAGEE DANS LA DEMOCRATIE

La nouvelle procédure de désignation d’un directeur devra tirer les leçons de la dernière et se faire dans la publicité, la transparence et la démocratie. Le Conseil de direction de l’IEP doit reprendre la main sur cette procédure et avoir la liberté de se prononcer, en mettant en place une procédure consensuelle et ouverte, afin que le choix qui en soit issu ne soit pas de nouveau désavoué.

L’élaboration de la procédure ne pourra pas se faire entre la ministre et les Présidents des conseils. Un Conseil de direction extraordinaire doit se réunir dans les jours à venir pour déterminer démocratiquement la suite des événements. Cette procédure devra se mettre en place dans les délais les plus brefs, afin que Sciences Po puisse continuer les réformes qui font sa force : ouverture sociale, pluridisciplinarité, qualité pédagogique…

LES REFORMES DEMOCRATIQUES nécessaires ne peuvent se limiter à une modification marginale de la composition des conseils.

Si la Cour pose des questions pertinentes, elle ne va pas assez loin dans son idée de modifier la composition du CA de la FNSP. Afin d’éviter de nouveaux errements, ce conseil qui prend les décisions budgétaires doit s’ouvrir à des représentants des étudiants et des enseignants, et mener ses travaux dans la plus grande transparence. A l’heure actuelle, il est composé à 85% de membres nommés ou cooptés, et ses procès verbaux ne sont pas publics !

Il s’agit de poser, dans la concertation, la question de l’avenir de Sciences Po et de ses statuts. Il est de la responsabilité du gouvernement et du futur administrateur provisoire de mettre autour de la table les représentants des étudiants, des enseignants et des salariés pour définir les futurs statuts de l’établissement, et pour redonner de la légitimité aux instances délibératives de Sciences Po;

Les étudiants n’accepteront ni une énième procédure de laquelle ils seraient exclus, ni une réforme cosmétique des statuts de l’IEP via l’adjonction d’un ou deux commissaires du gouvernement.

Ces discussions ne pourront se faire en coulisses. Il est nécessaire que le processus de transformation de Sciences Po soit à l’image de ce que nous voulons en faire : transparent, ouvert et démocratique. Les étudiants doivent notamment avoir la place qu’on leur refuse depuis 60 ans, pour tourner la page de l’opacité et de l’autocratie.


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