Frais de scolarité en stage et en césure : l’hypocrisie d’un système au grand jour

Alors que le budget repose à 28% sur les frais d’inscription payés par les étudiants, Sciences Po choisit la fuite en avant. En encourageant le désengagement de l’Etat en se dotant de ressources propres, la viabilité financière de l’établissement repose à présent pour presque un tiers sur la capacité des étudiants à payer pour étudier. Alors que l’IEP se démocratise et que la crise frappe les familles, cette capacité va décroissante.

Pour survivre à cette contradiction, la direction, plutôt que d’interroger le retrait de l’Etat (investissement par étudiant deux fois moins important qu’il y a dix ans), choisit la fuite en avant. Trois moyens s’offrent à elle, qu’elle a tous saisis : l’augmentation du montant (+1,3% en 2014), la discrimination entre étudiants (les étudiants étrangers hors UE paient automatiquement le maximum, et ils sont de plus en plus nombreux à Sciences Po), et des « surcoûts ».

En faisant payer 100% de leurs frais de scolarité aux étudiants en stage de 3A, 25% aux étudiants pour une année de césure ou encore 25% pour les étudiants en certificat d’aptitudes managériales (qui sert souvent aux étudiants de conserver le statut d’étudiant pour effectuer des stages après leur M2 en attendant de trouver un emploi stable), c’est ce troisième levier qu’active Sciences Po : faire payer des étudiants qui ne coûtent rien à l’établissement.

Les frais d’inscription sont un frein à l’autonomie et un accélérateur de la précarité. Ils poussent les étudiants vers la dépendance envers leur famille, le salariat et l’endettement. En exigeant des étudiants de payer des frais d’inscription, elle contraint leur choix d’études et de parcours. Seul un réinvestissement massif de l’Etat pourra garantir l’égalité et l’autonomie des étudiants : étudier est un droit, pas un privilège.

L’UNEF dénonce l’hypocrisie du système des frais d’inscription et demande à la direction de mettre fin à sa fuite en avant, illustrée par l’énième augmentation des frais d’inscription votée en décembre, que la mobilisation de l’UNEF avait fait diminuer de 3% à 1,3%. L’UNEF soutient la pétition pour la révision des frais de scolarité des étudiants en stage, revendique la gratuité de l’année de césure et l’intégration des étudiants étrangers au barème dégressif.

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