Jean Claude Casanova renvoyé devant la cour de Discipline Budgétaire : quels antécédents, et quelles implications?

Ces derniers temps on parle beaucoup de Sciences Po dans les médias et du fait que Jean Claude Casanova, Président de la Fondation Nationale des Sciences Politiques (FNSP) est renvoyé devant la cour de Discipline Budgétaire et Financière dans “l’affaire des salaires de Sciences Po”. Pour la majorité de celles et ceux arrivé-e-s après 2012 à Sciences Po cette nouvelle peut être surprenante ou incomprise. L’UNEF Sciences Po a donc décidé de faire un petit rappel des évènements qui ont précédé cette nouvelle et de toutes ses implications.

La FNSP qu’est ce que c’est et quel est son rôle?

A Sciences Po il y a deux entités : la FNSP et l’IEP. La FNSP, Fondation Nationale des Sciences Politiques est l’entité privée de Sciences Po. Son Conseil d’administration vote le budget, le montant des frais d’inscriptions,.. C’est la FNSP qui est propriétaire ou loue les bâtiments utilisés par l’IEP et qui engage son personnel.

Tu souhaites avoir plus d’informations sur le fonctionnement interne de Sciences Po? Regarde cette vidéo !

L’Affaire des « salaires de Sciences Po » et son imbrication dans la crise de succession qu’à traversé Sciences Po en 2012-2013 :  

L’affaire des « salaires de Sciences Po » comme elle est actuellement appelée par la Presse est imbriquée dans une crise plus large : celle de la succession à Richard Descoings, retrouvé mort le 3 avril 2012.

22 Novembre 2012 : La Cour des Compte publie son rapport sur Sciences Po. Elle met en lumière des défaillances dans la gestion de Sciences Po et surtout les salaires et primes exorbitantes touchées par les dirigeants de Sciences Po.

C’est pour ces faits que Jean Claude Casanova est aujourd’hui renvoyé devant la cour de Discipline Budgétaire et Financière : la cour des compte et le procureur de la République estiment qu’en temps que Président de l’instance qui gère le budget de Sciences Po il a ses responsabilités dans la mauvaise gestion financière dénoncée par la cour des comptes.

Ce rapport de la cours des compte tombe alors qu’une procédure de succession vient d’être mise en place par Jean Claude Casanova et Michel Pébereau (alors Président du Conseil de Direction de l’IEP) sans grande transparence. Hervé Crès, bras droit de Richard Descoings est tout d’abord nommé. Seulement, la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche n’accepte pas cette nomination (et pour cause, Hervé Cres sera quelques temps après mis en cause personnellement par la cour des comptes) et nomme un administrateur provisoire.

L’UNEF publie alors un communiqué de Presse dans lequel elle demande une procédure plus transparente et démocratique pour la procédure de succession à Richard Descoings et la démission de Jean Claude Casanova et de Michel Pébereau, qu’elle estime en partie responsables des mauvaises gestions qui ont pu avoir lieu à Sciences Po.

La revendication de la démission de Jean Claude Casanova prendra de l’ampleur dans les mois suivants, jusqu’à conduire à l’occupation de l’amphithéâtre Emile Boutmy, durant deux nuits consécutives, au moment du vote par les conseils pour la nomination d’un certain « Frédéric Mion », pour contester l’opacité de la procédure de nomination du directeur de l’IEP.
L’Assemblée générale qui a voté l’occupation de l’amphithéâtre Emile Boutmy avait aussi voté comme étant sa principale revendication la démission de Jean Claude Casanova.

Pour en savoir plus sur la crise de succession à l’IEP nous vous conseillons cette vidéo ainsi que tous nos articles sur la question :
Transparence et Démocratisation, des exigences syndicales pour le futur de l’IEP
Succession de Richard Descoings, où en est-on?
Conseil de Direction du 30 Octobre
Désignation du directeur : malgré les progrès une procédure démocratique reste encore à élaborer 
Une procédure bancale et toujours pas d’engagement des candidats
Election de Frédéric Mion : Et maintenant? 

Cette crise de succession, tout comme l’affaire des « salaires de Sciences Po », démontre un manque de démocratie interne à l’IEP.
Les étudiant-e-s n’ont pas de représentant-e-s permanent-e-s au Conseil d’Administration de la FNSP, contrairement à ce qui se fait dans toutes les universités de France. Les conseils dans lesquels sont présent-e-s les représentant-e-s étudiant-e-s n’ont pas de pouvoir décisionnel sur le budget. Pourtant, les frais d’inscriptions représentent près d’un quart du budget de Sciences Po !

C’est une des raisons pour lesquelles l’UNEF a demandé une réforme des statuts, qui est en cours depuis maintenant plus de deux ans !
L’UNEF espère que cette réforme reviendra rapidement devant les conseils et permettra de réelle avancées démocratiques dans la gouvernance de Sciences Po !
En attendant, un petit rappel des revendications de l’UNEF pour la réforme des statuts, ici !

 

 

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