Réforme des statuts à l’IEP de Paris : la représentation étudiante en danger !

Communiqué de Presse

Le 24 septembre 2015,

Le cycle de réforme des statuts de Sciences Po, qui s’est ouvert en 2013 pour répondre aux besoins de transparence et de démocratie exprimés par les différents acteurs et actrices de l’établissement, est en train de se clore.

Le conseil de Direction de l’IEP de Paris à ce lundi été informé du projet de décret concernant les statuts de l’IEP de Paris. L’UNEF souhaite interpeller le ministère sur la menace que fait peser ce décret sur la représentation des étudiant­-e-­s dans les conseils. Le passage des mandats étudiants de 1 à 2 ans pour le Conseil de l’IEP (actuellement nommé Conseil de Direction) et la réduction du nombre d’élu­-e-­s doctorant-­e-­s en sont les éléments les plus représentatifs.

L’UNEF a d’ores et déjà tenté d’attirer l’attention du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche sur la menace que représente le passage des mandats étudiants d’un à deux ans pour la représentation des étudiant­-e-­s. Il ne serait pas possible pour les organisations étudiantes de construire des listes avec des élu-­e-­s en capacité de siéger durant l’intégralité de leur mandat, du fait de la structure de la scolarité spécifique à l’IEP de Paris, avec une troisième année à l’étranger, un départ fréquent en césure et le semestre “hors les murs” en master. Les organisations étudiantes représentatives, même avec le système de suppléant­e­s, ne seront pas en capacité d’assurer des mandats de deux ans.

De plus, l’organisation d’élections seulement tous les deux ans limiterait l’expression démocratique des étudiant­-e-­s. Celles et ceux en première année lors des élections ne pourraient voter en présentiel qu’une seule fois durant toute leur scolarité : ils seront en troisième année lors des élections suivantes et certainement en semestre hors les murs de master lors du dernier cycle d’élections de leur scolarité à Sciences Po.

L’UNEF exige une procédure dérogatoire à celle prévue par le code de l’éducation, avec des mandats étudiants d’un an au Conseil de l’IEP, au Conseil de la Vie Etudiante et de la Formation et au Conseil Scientifique afin de s’adapter à la spécificité de la scolarité à l’IEP. De telles dérogation au code de l’éducation existent déjà pour d’autres établissements d’enseignement supérieur tels l’ENS (École Normale Supérieure).

La représentation des doctorant­-e-­s en Conseil Scientifique est elle aussi menacée par ce projet de décret. Les représentant­-e-­s des doctorant-­e-­s étaient au nombre de six dans l’ancien Conseil Scientifique. Le projet de décret pour les nouveaux statuts prévoient de réduire leur nombre de moitié, ce qui paraît abusif. Afin qu’il n’y ait pas un écart substantiel entre le nombre d’élus enseignant­-e-­s ­chercheur­-se­-s et d’élu-­e-­s doctorant­-e-­s, il conviendrait que les représentant-­e-­s doctorant-­e-­s soient au moins de cinq. Une proportion de 3 élu­-e-­s doctorant­-e­-s sur 39 membres en Conseil Scientifique est clairement insuffisante! Les élu­-e-­s doctorant­-e-­s doivent être associés à l’élaboration de la politique de recherche de Sciences Po et pour cela, leur présence en Conseil Scientifique ne peut pas être uniquement symbolique !

L’esprit de la réforme des statuts était de donner plus de pouvoir à la représentation des étudiant-­e-­s et enseignant-­e-­s et non pas le contraire ! L’UNEF demande donc au ministère de l’enseignement supérieur de veiller à ce que le décret fixant les nouveaux statuts de l’IEP renforce et n’affaiblisse pas la représentation étudiante !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *