Les double cursus

Propositions de l’UNEF pour s’adapter à la multiplication des doubles cursus

A la veille de l’ouverture d’un double cursus avec Paris IV, la multiplication des double cursus qui s’accompagne d’une ouverture de l’IEP aux universités publiques françaises nous réjouit. L’interdisciplinarité de ces cursus nous semble extrêmement enrichissante -nonobstant la charge importante de travail-.
Nous avons tenté, avec les étudiants en double cursus avec Paris VI (cursus « Sciences de la Vie et Sciences Sociales » et « Sciences et Sciences Sociales »), de rassembler quelques propositions visant à améliorer leur –dure ^^- vie, puis d’en discuter certaines avec de nombreux responsables des deux établissements.

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Nous tenons cependant à rappeler que l’UNEF demeure attachée à un système d’enseignement gratuit, résultant d’une véritable mission de service public, visant à une démocratisation de l’accès aux études supérieures. Aussi, l’UNEF s’interroge sur les conséquences à terme de l’entrée dans les cursus universitaires, via ces doubles diplômes, de la sélection et de frais d’inscriptions aussi élevés que ceux de Sciences Po. Par ailleurs, l’UNEF tient à rappeler l’insuffisance des moyens alloués aux universités alors même que de plus en plus d’élèves y entrent et que de tels cursus se développent.

Alors même que les double cursus et double-diplômes, que ce soit en Master ou en Premier Cycle, se multiplient très rapidement, très peu de données ont été communiquées à ce jour sur ces filières, nous laissant dans le flou sur leur sociologie et l’éventuel effet de discrimination sociale impliqué par leurs modalités de sélection (à ce titre, la proportion de boursiers dans chacun de ses double cursus serait par exemple un indicateur précieux) mais aussi sur le rôle et l’importance exacte que la direction souhaite leur donner au sein de l’IEP, dans la vision stratégique de long terme de notre établissement: ainsi, aucune donnée sur la répartition actuelle et prévisionnelle du nombre d’élèves sélectionnés par chacun des établissements n’a été communiquée à ce jour, et nous le déplorons.

Frais d’inscription: garantir une exonération totale pour les étudiants boursiers

Nous demandons aussi à ce qu’il soit acté qu’un élève boursier ne paye des frais de scolarité ni à l’un ni à l’autre des établissements. En effet, les quelques cas qui nous ont été présentés cette année, que nous avons signalés et qui ont ainsi pu être relativement rapidement résolus nous inquiètent. Il ne nous semble pas justifié non plus que cette exemption de Frais d’inscriptions soit prélevée sur le budget de la Commission de Suivi Social. Cette exemption nous semble devoir être automatique et systématique et ce pour l’ensemble des boursiers (qu’ils soient entrés par l’un ou l’autre des établissements).

Une meilleure communication

Le principal problème de tout étudiant en double cursus est le défaut de communication entre les établissements voire au sein même des établissements. Ces étudiants passent un temps très important à se rendre dans les différents services administratifs, et sont fréquemment obligés de s’absenter de leurs cours pour cela (en raison de l’incompatibilité de leur emploi du temps très chargé et des horaires d’ouverture réduits de ces services). Nous sommes bien conscients que de nombreux problèmes sont inhérents à la complexité de l’organisation de tels cursus. Pour autant, il semblerait plus efficace d’instaurer un seul référent qui prenne en charge l’ensemble de ces doubles cursus. Ainsi, il pourrait répondre aux questions des étudiants et les régler. Par sa connaissance des deux établissements, il pourrait anticiper les problèmes et permettre une meilleure conciliation (non seulement pour les questions administratives mais également dans le suivi, l’accompagnement et l’aide des étudiants les plus en difficulté). En effet, il est toujours difficile pour les étudiants de trouver un équilibre entre les deux établissements. Celui-ci se réalise d’ailleurs souvent au détriment de l’un des deux. Une meilleure communication et, à défaut d’un référent unique, une plus étroite collaboration permettrait sans doute un rééquilibrage.
De même, des réunions plus régulières (semestrielles par exemple) entre les deux établissements, en présence des différents acteurs (administration, professeurs, étudiants …) nous semblent indispensables de façon à faire évoluer maquettes pédagogiques et l’organisation du cursus par la concertation.

Une vision pédagogique claire et ambitieuse

Enfin, il serait certainement utile de réfléchir avec les étudiants au sujet de l’esprit recherché par ces formations. L’UNEF est extrêmement favorable à la pluridisciplinarité. Pour autant, il serait dommage que ces cursus se résument à une addition de disciplines et à leur juxtaposition. Les efforts réalisés en deuxième année pour proposer des cours transdisciplinaires nous semblent très importants dans cette perspective non pas de deux formation distinctes mais d’une seule double formation. Nous demandons donc à ce que de plus nombreux cours transdisciplinaires soient proposés et ce, dès la première année. En revanche, et c’est une demande forte des étudiants, il semble aussi important que ces cours ne se limitent pas aux questions environnementales tant les domaines dans lesquels les diverses disciplines concoururent sont multiples et variés.

Faciliter la gestion de l’emploi du temps, améliorer l’organisation de l’année

D’autres demandes facilement réalisables, et parfois déjà mises en place (qu’il suffirait donc simplement de généraliser) ont été évoquées par les étudiants de double-cursus. Ainsi, les échanges systématiques, entre les établissements et au sein des établissements, dès qu’ils sont connus et avant les inscriptions pédagogiques, des emplois du temps et, dans la mesure du possible, des dates d’examens éviteraient de nombreux et complexes dilemmes aux étudiants ainsi qu’aux services des deux établissements. De même, tout le monde serait gagnant à ce que les quelques cours de langues dont les horaires sont compatibles avec leurs emplois du temps leur soient réservés (ou au moins quelques places dans ces cours).
En raison de la date tardive du concours d’entrée, certains étudiants ne rejoignent le double cursus que 15 jours après le début des cours. En effet, Paris VI commence dès début septembre alors que les résultats du concours ne sont communiqués que vers la mi-septembre. Ainsi, outre les problèmes que rencontrent tous les étudiants ainsi admis à Sciences Po (dus à la recherche d’un logement à Paris en urgence, etc), ces étudiants doivent rattraper deux semaines de cours. C’est une situation très difficile qui conduit de nombreux étudiants à abandonner dès la première semaine.
Peut-être pourrait-on également réfléchir à un moyen pour que les étudiants en double cursus puissent également participer à la semaine d’intégration, même si ce n’est pas dans son intégralité.

De même, dans le calendrier annuel, seules deux semaines de « vacances complètes » sont possibles. Cela semble inévitable vu la juxtaposition des calendriers propres aux deux établissements, néanmoins si des aménagements à la marge peuvent être proposés, nous y serions très favorables. Ainsi, on pourrait tout de même souhaiter qu’en ce qui concerne les examens propres à ces étudiants (type oraux de première année), les dates ne coïncident pas avec la reprise des cours à ParisVI.

Inscriptions pédagogiques

Un problème de compatibilité horaire se pose également lors des inscriptions pédagogiques. Les étudiants sont obligés de louper leurs cours de sciences pour batailler avec le serveur. La possibilité donnée, au deuxième semestre, aux étudiants en double cursus de deuxième année de faire leurs inscriptions avant les autres deuxième années a été grandement appréciée et a évité nombre de problèmes. Aussi, nous demandons à ce que, dans la mesure des contraintes informatiques, ce système soit généralisé à l’ensemble des années.

Nous demandons également à ce que toute séance de rattrapage d’un cours magistral hors de ses horaires habituels, ce qui signifie généralement, hors des horaires auxquels ces étudiants peuvent y assister, ou toute réunion d’information relative aux stages de terrain, à la 3ème année, … soit mise en ligne. Si l’UNEF s’oppose à la suppression des cours au profit du e-learning ou des e-cours, elle en profite néanmoins pour en souligner ici un aspect positif.

De même, les étudiants de deuxième année ont été également ravis de pouvoir s’inscrire à des cours dont ils ne pouvaient suivre toutes les séances en amphi mais qu’ils pouvaient voir en ligne.
L’élargissement des cours accessibles aux étudiants –en particulier dans ces cursus où les projets sont souvent extrêmement divers- nous semble souhaitable. Il semblerait d’ailleurs pédagogiquement pertinent que les étudiants disposent dès le début de l’année, et avant même leurs inscriptions pédagogiques du premier semestre, de la liste des modules à choisir qui leur sera proposée au second semestre.

Le stage de terrain

Considérant que les vacances de ces cursus sont réduites aux deux tiers des étudiants en cursus simple, il pourrait être envisagé de ne leur rendre obligatoire que les deux tiers de la durée du stage de terrain. A défaut, il serait souhaitable de leur laisser une plus grande souplesse, en n’imposant pas nécessairement la continuité des semaines ou encore en proposant un stage à mi-temps en septembre en deuxième année, ou encore en autorisant des stages en labos.

La troisième année

La troisième année est une étape très importante du cursus puisqu’il est alors possible de choisir une dominante scientifique ou non dans les cours suivis. Une demande récurrente concerne encore une fois la coordination entre les très nombreuses possibilités de départs offertes par l’ensemble des établissements. Il est parfois difficile pour les étudiants de s’y retrouver et de concilier les universités proposées par l’un des établissements avec les cours qu’ils désirent suivre et leur projet, aussi une plus grande souplesse dans le choix des partenariats de l’un ou l’autre des établissements est demandé. Certains ont même évoqué les vertus d’une procédure commune d’affectation.

Orientation

Enfin, nous tenons à mentionner deux questions relatives à l’orientation. Tout d’abord il est nécessaire de renforcer l’information dans le secondaire car ce cursus demeure inconnu à de nombreux lycéens (et encore même à certains étudiants de SciencesPo).
Ensuite, après le premier cycle, il semblerait important de continuer à développer les différents doubles diplômes de façon à permettre aux étudiants de poursuivre leurs études en cohérence avec leur projet (certaines idées ont été avancées telles « droit et santé », « maths et finances» …)

Une réflexion au sujet de « Les double cursus »

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